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vendredi 3 avril 2009

En passant par Lyon


C'était il y a quinze jours ; une brève mais agréable escapade lyonnaise, pour le plaisir de revisiter des lieux, des senteurs, des amis, des souvenirs ... Retrouvailles avec les bords du Rhône que tant de lyonnais se plaisent à parcourir ; retrouvailles avec les quais de Saône où nous aimons flâner parmi les créateurs d'art le dimanche matin ; sans négliger les lieux plus fréquentés, plus bruyants et agités où les enseignes et les marques commerciales se télescopent.


Côté souvenirs, quel charme de retraverser le parc de la Tête d'or, un matin de fin d'hiver, avec un franc soleil bien qu'insuffisant pour faire oublier la fraîcheur de la bise. Alors, pour se réchauffer, il suffit d'aller voir et revoir les grandes serres, où s'épanouissent les camélias, les azalées, les cyclamens et bien d'autres fleurs aux vives couleurs. Jusqu'à la serre de Madagascar où les plantes tropicales s'égayent dans la moiteur du jour : cactus géants, aloés, euphorbes fleuries au milieu de tant d'autres feuilles zébrées que je ne sais plus nommer.

Et puis pour clore l'échappée, nous étions venus entendre un des chefs-d'oeuvre baroques de Haendel, en l'église de Vaise ; travaillé avec patience et rendu joliment par l'Ensemble Vocal de Bernadette, accompagné de l'orchestre des Indes Galantes : Israël en Egypte. Ce fut deux heures ravissantes. Un livret de l'histoire ancienne, un écho lourd dans l'histoire d'aujourd'hui.

Mais la nuit fut moins sereine ...

mardi 10 février 2009

Errance vers Santiago


J'en avais lu le manuscrit l'an dernier, reçu pour "avis et suggestions" avant retouches et mise au point définitive, selon une déjà vieille habitude entre nous. J'en avais conservé un sentiment mitigé ; une poésie minimale, vivante, mais trop hors contexte, désincarnée pour susciter mon enthousiasme. (1)

Récemment j'ai pu lire, parcourir, feuilleter à loisir le livre sorti en librairie : "Voyage à Compostelle" (2) de Jean-Claude Barbier (3). Un monde entre les deux documents ! Le premier, jeune, texte brut, austère, âpre, tannique certes mais sans corps ni éclat. Le second moelleux, gouleyant, élégant, empreint de territoires, de saveurs, d'odeurs, de fleurs et de pierres... Les mêmes petits poèmes qui semblaient courts et secs, sans couleurs ni profondeurs, simple imitation des haïkus japonais (4), sont devenus à chaque page des pépites dans des écrins impressionnistes. Impressions soleil couchant, puisque l'itinéraire s'étire lentement de l'est à l'ouest, tout au long des 1500 km de marche, allant en 55 étapes d'Arles à Saint-Jacques de Compostelle. (automne 2006). Ce "livre-promenade" est un pêle-mêle d'observations, de regards sur les choses, de rencontres, au gré des accidents du voyage, des sensations intimes, des réflexions de ce "pèlerin de la poésie", comme il se dénomme.

Un an d'affinage en cave, de vieillissement en fût de chêne ? Les épices et autres condiments ajoutés ont changé la nature du mets. En vrac : l'ouverture -comme l'on dit d'un opéra- écrite pour donner le sens et la lumière, le découpage d'étapes aux tons variés et rappelés discrètement à chaque page, les photos choisies, choyées, pour dire plus qu'elles n'illustrent, les données locales et historiques qui enracinent les pensées dans une vérité de terroir, d'humanité séculaire. Et puis la mise en page, sobre et brillante, élégante, renouvelée page après page, où les poèmes irradient de tout leur sens. Comme des bonbons toujours renouvelés, ils explosent en bouche, salés, sucrés, poivrés, onctueux ou acidulés, légers et anecdotiques, réfléchis ou graves, cultivés, spirituels, personnels et intimes même. Bref un livre original et personnel, un beau livre, que chacun peut goûter à sa guise. : d'un coup, à la russe, comme pour ressentir l'effet d'un alcool fort ; à petites gorgées pour en savourer les harmonies fines. J'ai pratiqué les deux expériences. Chacune a son charme ; moi je préfère butiner, papillonner sur les mille fleurs que l'itinéraire offre à la dégustation, allant et venant, puis revenant parfois là où demeure un zeste de nectar.

Au hasard des lectures, j'ai parfois ressenti un vers au rythme heurté, regretté un mot moins bien sonnant, trébuché sur une pensée plus amère que douce, ou buté sur son plaisir à hisser le drapeau de "l'homme de peu de foi" sur un chemin sacré par l'Histoire... Mais ce n'est que brindilles perdues au cœur de tant de bouquets colorés et savoureux.

A consommer sans modération pour prolonger "ce grand festin de marche"(5). Vous reprendrez bien un petit chocolat ?
Zarafouchtra

(1) La version "blog" se trouve accessible par le lien actif, ci-dessous : "ma liste de Blogs" -colonne de gauche de GiroScope.
(2) Voyage à Compostelle d'un homme de peu de foi, Jean-Claude BARBIER, éditions Le Champ Bleu. [Il suffit de cliquer]
Pour commander, courriel à : jeanclaudebarbier@neuf.fr
(3) Jean-Claude BARBIER a déjà écrit une déjà longue collection d'ouvrages : contes et nouvelles, romans historique, récits de découvertes, guides, etc. Ancré dans les territoires qu'il aime découvrir et faire partager -notamment les Alpes de Haute-Provence- il sait particulièrement mêler réalité et imagination, technicité et poésie, histoire(s) et pays. Formé à la philosophie, il a su se déprendre d'elle, en oublier la dimension pédagogique ou pédante pour l'instiller dans des minuscules mais intéressantes réflexions que le lecteur peut s'approprier à son rythme. L'amitié qui nous lie remonte à nos années de lycée. Cela me vaut de recevoir de temps à autre un nouveau manuscrit qu'il propose à ma sagacité. Relecture, critiques, suggestions... C'est pour moi un plaisir, un honneur et pour lui -que sais-je ?- un écho, un test, une assurance ?
(4) Le choix littéraire est original : retranscrire ses impressions de pèlerin, sous forme de haïkus, mini textes de l'espace poétique japonais (forme brève, réduite à 3 versets, épanouie au 17e siècle) produits au gré des regards, rencontres, observations, incidents de voyage, réflexions de marcheur. Poème de l'ici et du maintenant.

(5) Robert Sabatier - Les noisettes sauvages.

mercredi 31 décembre 2008

Flâneries romaines

Il est temps, en ce dernier jour de 2008, d'évoquer les passionnantes "flâneries romaines" que nous avons effectuées à la fin du mois d'octobre.
Depuis plus de deux ans, ce voyage était prévu ; il restait à constituer le groupe, attendre la disponibilité d'un lieu hébergement et surtout celle de l'accompagnateur espéré !
On trouva aisément les 20 volontaires en partance ; certains se connaissaient bien, amis de longues années, d'autres se sont découverts peu avant l'avion ! Bernadette seule connaissait tout le monde et servit de point de convergence et de ralliement. Pierre, son frère, fin connaisseur d'art et d'histoire, de Rome et de ses trésors, habitué de la Trinité des Monts -ayant troqué ses étudiants pour une génération plus ancienne certes mais disponible - nous servit de guide sans relâche.

Le programme était copieux, les découvertes furent à la hauteur. Peu des grands sites romains, qu'ils soient chers à notre mémoire de jeunesse, à notre vie de citoyen ou à notre culture religieuse, bien peu disais-je nous furent épargnés, pour notre plus grand bonheur : temples, monuments de la Rome antique, nécropoles des premiers siècles, catacombes, fouilles, églises primitives, basiliques construites et recontruites au cours de l'histoire, mosaïques, sculptures ou musées, fontaines et places, façades, terrrasses et bien d'autres choses encore. Tout fut dévoilé, décrypté au regard des styles, des époques, des plaisirs et des connivences. Avec toujours le commentaire avisé, précis, sans jamais atteindre la limite de saturation, là où la fatigue et la fragilité se mêlent pour brouiller la mémoire.

Sans oublier d'ajouter le plaisir de la sympathie et de l'amitié progressant jour après jour : les repas à l'Auto-grill et les "gelati" partagés dans la rue, les pasti et les anti-pasti et, pour corser le tout, quelques épisode inattendus. N'est-ce pas Lisette perdue avant même le premier métro ? N'est-ce pas Jean accompagnant (ou devançant) ma course sur les escaliers de la Trinité, gamins comme aux plus beaux jours, prétextant l'arrivée des premières gouttes orageuses ?

Deux mois déjà... et les retrouvailles entre tous sont attendues avec impatience. Elles seront agréables, n'en doutons pas. Les photos ou autres souvenirs peupleront notre rencontre... Peut-être pas pour 45 ans, comme lors de ma première visite de Rome, mais pour les prochaines années, n'en doutons pas !

Pour une visite guidée plus complète, accès à l'album de photos de ce voyage par un simple clic sur "Amitiés romaines".

Zarafouchtra

jeudi 4 décembre 2008

La recette du vétété au Lubéron

Loin des escapades formatées et "tour-operatorisées", notre randonnée d'octobre dans le Lubéron est à classer dans la catégorie grande aventure ! En voici la recette, à réserver aux pratiquants initiés.

1ère étape - Prendre cinq copains (1), cinq vététés et cinq sacs à dos -petits ou gros !- que vous mélangez et faites mijoter 1 heure 45 dans le TGV. Rouler 45 km au sortir de la gare d'Avignon et s'engager sur la piste. Là, faire rissoler le tout, en plein cagnard, sur la pente à 12%, jusqu'à ce qu'une magistrale fringale en atteigne au moins un. Laisser reposer en mutualisant les forces afin que l'éclopé réussisse à vous dire "j'abandonne, et sans discussion !". Rigoler, sans vergogne, le temps nécessaire pour qu'il change d'avis. Regonfler deux ou trois fois. Poursuivre dans la superbe forêt de cèdres, pédalant en souplesse jusqu'au ravissement collectif. Descendre alors à travers les caillasses jusqu'au gite d'étape du mas Recaute où vous savourez une bière en laissant Roger draguer la marcheuse à feu doux. Ne pas oublier de sortir Maurice de l'examen de l'itinéraire, laisser Albert se marrer jusqu'à plus soif, mettre Claude sous la couette et éteindre la lumière jusqu'au chant du coq.

2e étape. Prolonger selon le même principe, après avoir vérifié le parcours. Eviter le G.R. et s’engager sur un chemin plus ou moins balisé ; s'informer auprès d'un autochtone et suivre la piste sans issue qu'il vous recommande. Grimper, pousser le vélo puis porter le vélo ; suer sang et eau, grimper encore de rocher en rocher à 15 ou 18% même. Insister lourdement, se griffer aux taillis et répéter à voix haute plusieurs fois : "elle est pas belle la vie ?!". Laisser le premier « dégonflé » renoncer et faire demi-tour. Lui dire tout de même "à ce soir au gîte". Poursuivre héroïquement, par une voie non explorée, la face nord-ouest du Mourre-Nègre et enfin reconnaître piteusement que votre vétété refuse de vous suivre. Ne pas abandonner sa monture, la suivre sur la descente jusqu'à la route et, en sifflotant pour donner le change, visiter les villages provençaux les plus pittoresques, les châteaux les plus anciens, les fontaines les plus fraîches. A l'arrivée au gîte de Vitroles-en-Lubéron, prendre un air dégagé pour faire partager vos découvertes touristiques, bien plus savoureuses que ce que l'organisateur avait imaginé.... Avant d'éteindre les lumières, rêver à la belle marinade du lendemain !

3e et 4e étapes. D'abord laisser la pluie tomber abondamment, violemment, longuement et laisser mariner vos illusions une grande partie de la journée. Faire les yeux doux à Marina, lui piquer sa bagnole et laisser votre boucher préféré vous mitonner une belle entrecôte, accompagnée d'un Chateau -neuf celui-là-... Reprogrammer Maurice pour un nouvel itinéraire et transpirer sous votre K-Way et autres toiles imperméables, pendant 42 km. Inutile de presser le rythme ; profiter de la pluie incessante pour visiter les villages. Redire dix fois, mais à voix basse, pour que Paul n'entende pas, "Elle est pas belle la vie ?!". Arriver au gîte, tenter d'accrocher ses vêtements sous le manteau de la cheminée. Voir Claude et Albert s'effondrer sur leur lit, les doigts de pieds en éventail. Heu-reux ! Au réveil, oublier Marina au profit d'Emmanuelle. Mais pour qu'une star chasse l'autre, chevaucher votre vétété des heures durant, lire et relire les cartes, être sûr du chemin mais se tromper, avancer et faire marche arrière, monter et descendre, mais surtout grimper. Ne pas oublier de saupoudrer d'un soupçon de mauvaise foi contre l'IGN qui réalise des cartes fausses, car les chemins montent toujours plus que ce qui est indiqué... Avant le coucher au gîte Saint-Hubert, mater Roger, superbe au sortir de la douche. Enfin rire sans modération.

5e étape. Avec un soupçon de culot, ne pas hésiter à crever sa roue arrière pour apercevoir l’ombre furtive d’Emmanuelle quelques instants encore, tandis que Roger écrase une larme sur sa joue. Désormais il suffit de suivre le grand braquet de Maurice, mijoté à la sauce « aujourd’hui, ça descend jusqu’à l’arrivée ! ». Au bas de la première combe, bien suivre le G.R. en remontant jusqu’aux crêtes à travers bois et cailloux. Avancer debout sur pédales ; en cas de perte d’équilibre ne pas relâcher le vélo qui pourrait descendre dans le ravin ! Profitant du soleil, porter à ébullition : au-delà de 65 ans, confier son sac ou sa monture à Roger. Si Maurice reste plongé perplexe dans ses cartes, ne pas hésiter à pimenter le parcours : perdre le sentier balisé et délaisser le chemin de crêtes ; plonger vers le ruisseau du bas, remonter et redescendre à plusieurs reprises. Pédaler ainsi jusqu’au râle ultime du plus contestataire du groupe ! Là, soit jouer la solidarité soit repasser par la case « engueulade ». Et dès que la route croise votre chemin, sans hésiter, foncer vers la gare de l’Isle-sur-Sorgues. Faire bonne figure, égoutter votre mauvaise fatigue et ajouter une pincée de sucre, pour tenir le coup jusqu’à Lyon. Au bar-terminus de la Part-Dieu : faire revenir aux petits oignons vos rigolades et plaisirs partagés, couper en fines lamelles vos meilleurs souvenirs, faire monter les blagues en neige puis laisser mousser fortement la bière avant de la déguster jusqu’à la goutte de l’adieu.

Mettre le couvercle pendant un an dans l'attente de la prochaine rando. Peaufiner un nouvel itinéraire, poivrer légèrement moins les dénivelés, puis laisser mijoter au four avant de servir à point. C'est meilleur réchauffé !

Double-clic posible sur chaque photo, pour l'agrandir.

(1) Si le sixième qui a préparé la randonnée est atteint d'une appendicite aiguë, vous le laissez à l'hôpital et vous partez à l'aveuglette, si possible même sans carte au 1/25000e !

mercredi 19 novembre 2008

Belle île en Ré


"Belle Ile en Mer, Marie-Galante..."
. Cet air de Laurent Voulzy me vient en tête lorsque je pense à l'Ile de Ré. Voilà un petit coin de France que l'imagination transforme aisément en petit coin de paradis. Beaucoup seraient d'accord avec moi, et je ne pense pas aux agences immobilières ... Non je pense à ceux qui habitent cette île, qui l'habitent et la mettent en valeur. Vignerons, maraîchers, ostréiculteurs, conchyliculteurs, éclusiers à poissons, ou sauniers, tous cherchant à maintenir les savoir-faire traditionnels dans une économie moderne. Nous en avons rencontré qui ont su nous en dire leur passion. Des musées ou des hauts lieux nous en écrivent l'histoire

Nous avons parcouru ce petit territoire à pied parfois, à vélo surtout. Hormis sur quelques routes départementales, les voitures disparaissent. Là les pistes cyclables ne s'arrêtent pas à chaque carrefour, comme sur le continent ; elles prolongent la sérénité du lieu. Le vélo y est roi : vélos de toutes sortes, , cyclistes de tous styles. Cyclotouristes randonneurs, cyclosportifs multicolores, vététistes de tout acabit, vrais-faux coureurs, faux lyonnais en Vélib', vrais parisiens en Vélov". Où vont-ils ? où courent-ils ? Nul ne le sait. Ils s'entraînent, ils se traînent, ils s'époumonent, ils respirent l'iode et les embruns, les épineux, les épinards. Ils s'ensoleillent sans brûlure, ils se brûlent au plaisir de la mer qu'ils tentent d'apprivoiser.
[double-clic sur l'image pour l'agrandir]

Une semaine de septembre, au soleil généreux et aux intempéries brèves mais revigorantes. Et puis de grands moments de camaraderie, d'amitié retrouvée, de plaisanteries, de vins gais, de chants et de jeux après l'ultime plonge quotidienne ! Un charme fou. Promis, on reviendra.

Zarafouchtra

mercredi 20 août 2008

Trésors de Bourgogne


Au gré de nos pérégrinations estivales, encore une fois nous avons parcouru la Bourgogne du sud, pour une plongée dans l'histoire d'Autun, cette ville fortifiée dont le nom originel célèbre l'Auguste empereur du 1er s. avant J.C.
Chronologie oblige, histoire gallo-romaine d'abord : dans un cadre de verdure apaisant et accueillant, demeurent encore les vestiges du prestigieux théâtre antique aux 20 000 places, le plus grand espace de jeux construit par les romains en Gaule ! Aujourd'hui encore il peut contenir 12 000 spectateurs pour des spectacles qui, en été, font revivre les valeureux combats des Eduens révoltés.
Histoire romane ensuite, qu'illustre majestueusement la cathédrale Saint-Lazare, enjeu de rivalité avec Vézelay pour l'évêque d'alors. Mais de roman, il ne reste essentiellement que le tympan du portail central : ciselé en 1135, il témoigne du talent et de la foi de son auteur, notamment de la vitalité des pierres, de la finesse des attitudes, du plissé des vêtements de tous ces personnages aux yeux rivés sur la mandorle du Christ en gloire.

Puis c'est au musée Rollin que nous avons retrouvé l'ensemble des trésors conservés ; avec un petit faible cependant pour cette merveilleuse sculpture représentant la Tentation d'Eve, à la sensualité naturelle.

Mais à quelques dizaines de mètres, plus bas dans la rue, un bonheur de sculptures bien contemporaines celles-ci. La petite boutique de Marie-Noëlle Grange nous ouvre ses portes et son charme. Quelques moments sympathiques d'échange pour apprécier justement les gracieuses femmes de l'artiste : "les copines", "les insouciantes" et toutes les autres avec leurs rondeurs, leur finesse ; que de grâce dans l'art de la mise en scène !

A l'avance on se faisait un plaisir de traverser le parc naturel du Morvan. Hélas la fraicheur du temps et l'absence de lumière sous les branches nous ont conduit à aller voir plus loin. On est arrivés, non par hasard mais sans clair dessein, à Chateau-Chinon visiter le Musée du septennat ; musée créé pour rassembler les cadeaux offerts au Président Mitterrand lors de rencontres d'états ou de sommets diplomatiques. Ce fut une vraie surprise par le nombre et la qualité des œuvres exposées -ce que le citoyen de base n'imagine pas spontanément !-. Sans oublier l'intérêt architectural des espaces mis en jeu pour les salles exposant les cadeaux du second septennat.
Sans la polémique autour des diamants de Bokassa remis au président Giscard d'Estaing, ce musée aurait-il vu le jour ? En tout cas, n'est-ce pas normal de remettre à la disposition des français ce qui fut offert au premier d'entre eux dans l'exercice de ses mandats ? François Mitterrand le pensait ainsi ; il l'écrit même, sans oublier au passage de nous gratifier d'un subjectif imparfait, certes suranné mais si voluptueux.

Zarafouchtra

mardi 12 août 2008

Quand l'art s'invite à votre porte

La Saône et Loire est un département aux multiples facettes. On pourrait citer tant de lieux ou d'activités qui le mettent en valeur ! Sans vouloir être exhaustifs, évoquons la célèbre race bovine charolaise ; les fins vignobles de Bourgogne du Sud avec ses Givry, Mercurey ou Montagny ; les sites illustres de Cluny, Autun, Paray-le-Monial ; les quelques 80 églises romanes qui le parsèment en Brionnais-Charolais ; Solutré et ses vestiges archéologiques, sans oublier les traces historiques que les Gaulois de Vercingétorix ont su léguer.
Que de splendeurs en un espace, somme toute, restreint que l'on peut parcourir à loisir sur des voies vertes ou véloroutes !
Mais l'histoire ne suffit pas à ce département que l'on imagine essentiellement agricole. Au gré de nos découvertes, à deux pas de chez nous, nous avons ressenti, cet été, quelques bonheurs simples et profonds .

D'abord la rencontre de quelques jeunes artistes, talentueux, formés à l'école de mosaïque du Frioul (Italie), qui exposent leurs œuvres à Paray le Monial. Devenue habituelle depuis plus de 10 ans, la manifestation 2008 s'intitule "M comme Mosaïque". Tous les artistes sont de jeunes mosaïstes européens de moins de 40 ans et la présentation de leurs oeuvres est passionnante, autorisant une agréable promenade artistique au coeur d'une ville où la céramique et la mosaïque sont des activités traditionnelles.
Plaisir de la création ouverte sous nos yeux. Mosaïque d'aujourd'hui et évocation des mosaïques de toujours. Œuvres personnelles ? Certes mais pas seulement : puisque les artistes invités réalisent aussi une mosaïque collective, apportant chacun -et pour une fois c'est le mot juste- leurs petites pierres à l'œuvre commune qu'ils laisseront à la Ville, en témoignage artistique de leur passage en Bourgogne.

Référence : Expositions de mosaïques à Paray-le-Monial

Mais le plus grand moment de notre après-midi d'été c'est la rencontre, dans la Tour Saint Nicolas, avec les œuvres d'une artiste italienne de 94 ans, Ines Morigi Berti, qui présente des mosaïques personnelles reproduisant des peintures de Joan Miro. Membre du fameux "Groupe des mosaïstes de Ravenne" elle a pendant 40 ans contribué à raviver l'intérêt du public pour l'art de la mosaïque monumentale. Loin d'être pillées, les œuvres de Miro sont comme recréées : la précision du trait, la rigueur des formes, le rendu des couleurs, le choix des matériaux et des textures de l'artiste magnifient l'art de Miro. Une artiste rare. Peut-être la plus jeune de tous les exposants !

C'est ce qu'évoque le site de la ville de Paray le Monial : cette artiste a mis "tout au long de sa carrière, son prodigieux savoir-faire au service de projets conçus par d'autres (...). Elle vient notamment de composer une série d'après Joan Miro où l'atmosphère poétique et spirituelle est parfaitement respectée : hommage touchant rendu par une professionnelle presque centenaire à un immense créateur du 20ème siècle. C'est le propos de cette exposition inédite, accompagnée d'un catalogue qui en souligne la qualité."

Et puis quelques jours plus tard, un peu plus au Sud, balade à Marcigny ! Dans ce gros bourg rural aux célèbres marchés du lundi, c'est l'art qui s'invite désormais comme fleuron estival. La 4e Biennale d'art contemporain nous a enthousiasmés. En quelques lieux particulièrement choisis (ancien local industriel, parc de ville, maison historique, etc.) 400 œuvres diverses, crées par 60 artistes, sont offertes aux promeneurs. Invités par une amie à cette découverte et guidée par ses commentaires éclairés, nous avons eu le plaisir de la rencontre : peintures, sculptures, gravures ; bois, métal, tissus, verres, etc... un foisonnement d'art passionnant ; tout n'est pas exceptionnel, mais tout vaut la peine d'être vu, détaillé, réfléchi. Car chaque œuvre cherche à faire sens.

C'est déjà l'essentiel. Néanmoins, quand je me remémore la définition de la beauté d'Emmanuel Kant : "le beau est ce qui plaît absolument, sans concept", je doute que toutes ces œuvres relèvent de la même catégorie ... Mais l'art depuis un siècle nous a habitués à la surprise. Nous ne voyons pas aisément la force que l'avenir accordera à certaines créations. Il m'arrive de souhaiter être
transporté dans le temps -quand l'histoire elle-même aura fait son œuvre et jeté dans l'oubli relatif ou définitif ce qui parfois nous comble d'aise aujourd'hui-, afin d'apprécier de façon plus sûre les peintures ou autres sculptures que le monde contemporain vénère ou ignore. Contrairement à ce que prétend le langage courant, elles sont bien rares les choses géniales ! Hélas, il n'existe même pas ce génie, capable de me faire traverser le temps ...


Est-il encore besoin de partir très loin en vacances, quand l'art s'invite à votre porte, pour des balades dans l'imaginaire ?
Zarafouchtra

Photos ci-dessus : 1. "M comme Mosaïque" (www.mosaique-paray.com ) - 2. Mosaïque de I. Motigi Berti, d'après J.Miro - 3. Photo-montage personnel d'après des oeuvres de la "Biennale 2008" de Marcigny (71).
Référence : Association "Regard sur l'art".
Détails de la photo montage :
* En haut-gauche : Jhemp Bastin - sculpture sur bois - travail à la tronçonneuse, bois naturel et bois brûlé.
* En haut-droite : Zevno Arcan - série à partir d'une peinture de lutteurs au sol, replacés à la verticale.
* En bas-gauche : Frédéric Rabasté - "Pénétration trop violente" (42x26x52 cm) - travail sur pierres.
* En bas-droite : Michel Urban - "Cathédrale" (32x32x95 cm) - acier inoxydable.

jeudi 31 juillet 2008

Douceur angevine

Bien souvent il nous était arrivé de traverser Angers, jamais de nous y arrêter. Lors de nos nombreux voyages en Bretagne, les haltes étaient plutôt réservées aux célèbres châteaux de Blois, Azay le Rideau ou autres Chenonceau, parfois aux parcs et jardins de Chaumont ou Villandry.
D'Angers, seule me trottait dans la tête cette petite musique des vers de Du Bellay immortalisant "la douceur angevine". Quoi donc ? un climat, un pays, des couleurs, des images, où -la nostalgie aidant- le poète enracinaient ses plaisirs, ses amours, ses espoirs et ses rêves.

Un dimanche matin de juillet, avant que le soleil ne soit trop haut dans le ciel, je l'ai ressenti ce climat ; j'ai enregistré ces couleurs et entendu mes oreillers bourdonner de cette musique douce. En traversant la vieille ville, en longeant le château et ses 17 tours rondes, l'esprit de cet Anjou du "bon roi René" m'a transpercé. En moi, l'histoire redonnait vie à la poésie : "Heureux qui comme Ulysse...". J'ai compris combien une belle plante, née de cet enracinement-là pouvait s'étioler si elle venait à en manquer.
Ces senteurs, cette musique ne se restituent pas aisément. Seules quelques photos, volées en cette paisible matinée, peuvent en laisser pressentir la douceur de la réalité. A défaut de la réalité de la douceur.
Zarafouchtra

Ci-dessus : jardins de Villandry - 13.07.08
Ci-dessous : pêle-mêle d'Angers - 13.07.08 (pour détailler, faire un clic sur la photo)

mardi 29 juillet 2008

Au fil des jours ... 8-11 juillet : la Grangette

C'était il y a plus de trente ans ... nous avions donné un coup de mains à Albert et Christiane pour reconstruire une vieille ferme, brûlée, abandonnée. C'était l'époque où nombre de citadins, retrouvant leurs racines terriennes, voulaient repeupler les campagnes désertifiées et leur redonner vie. Beaucoup ont lâché prise au bout de quelques années. Albert et Christiane ont persisté. Ils viennent régulièrement à "la Grangette", où ils y ont tissé des liens, où ils y trouvent la tranquillité paysanne, des paysages naturels et des lieux de nouvelles découvertes à vélo ou à pied l'été, à ski lorsque les Mézenc est revêtu de ses épaisseurs de neige.
Nous y étions revenus quelques fois, mais avec les années nos souvenirs s'étaient estompés et les évolutions successives de la maison nous avaient échappé. Plaisir des amis retrouvés, plaisir des lieux transformés ...

De Beaudelaire, ils ont en tout cas conservé le goût de l'invitation au voyage : "Songe à la douceur, d'aller là-bas, vivre ensemble ! -dit Beaudelaire- au pays qui te ressemble !" Au pays qui leur ressemble : au coeur d'une Ardèche rustique et belle, rude et généreuse, verte et colorées de fleurs et de senteurs.
Et pour poursuivre avec le poète, si l'on sait écouter et contempler : "Là, tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté."
Calme et volupté dans un luxe minimal, frustre parfois, mais tout intériorisé. Luxe d'un mode de vie choisi, d'un partage amical permanent avec les copains ou la famille. La Grangette, c'est un carrefour habité, un courant d'air tant y passent de visiteurs invités ; une auberge espagnole où vous ne manquerez de rien. Pas même des récits et des rires sans fin d'Albert, ni des histoires de voyages de nos éternels globe-trotters, chevauchant leur VTT de Lyon à Istambul, de l'Arizona au Québec !
C'est donc à vélo que nous avons sillonné ensemble quelques routes alentour, pour découvrir quelques lieux privilégiés.
D'abord le chateau de Rochebonne surplombant la vallée de l'Eyrieux, entre Saint-Martin de Valamas et le Cheylard, et se découpant sur l'horizon de la chaîne des sucs où dominent le Mézenc et le Gerbier de Jonc.

(pour détailler, faire un clic sur la photo)
Là quelques ruines datant de la fin du XIe siècle laissent imaginer la vie au pied du chateau de la belle Arnaude et de Bertrand de Rocha Bonna ! Devenu enjeu des convoitises lors des guerres de religion, il fut envahi, pillé, détruit... Aujourd'hui, des passionnés d'histoire locale et de patrimoine s'efforcent de préserver les vestiges et de reconstruire quelques murets. Méthodiquement les blocs de pierre taillés reprennent la place qu'ils avaient perdu depuis des siècles.

Puis le lendemain, montée sur le plateau de Faye sur Lignon. Une belle "bosse" de 13 kilomètres, pour atteindre la fraîcheur, malgré le soleil, et les senteurs de la flore épanouie. Bientôt on arriva à Saint-Front : le lac de cratère, aux eaux claires et pures, puis le village haut perché avec son église romane, aux pierres grises ou noires nées du volcanisme alentour.
Et tout au long de la journée, les nuances de vert qui se superposent : le vert des fayards, celui des sapins et autres résineux, le vert des bouleaux, celui des marronniers, celui des prairies parsemées de toute la palette des couleurs.
Un régal, loin de tous les encombrements des autoroutes. Mais pourquoi vont-ils tous dans cette galère ?
Zarafouchtra


samedi 28 juin 2008

Duos des arbres

Au hasard des découvertes ...
le Duos des arbres, sur le site du Tremplin (commune de Le Bessat -Loire-) est un parcours merveilleux, subtil, mêlant Art contemporain et Architecture au coeur du Parc du Pilat -31 mai/15 juin 2008-.
Informés de ces manifestations, nous avons passé une heure, belle, sereine, créative et émouvante. Le soleil d'ouest transperçait les feuillages et métamorphosait le lieu.
Quoi donc ? une dizaine de sites-cabanes, cabanes-feuillage ou papier, cabanes-musiques et sons, sites-concepts, lieux fantasmés où manger, rêver, dormir ... ; produits de matériaux naturels, produits de récupération ou tout simplement produits de l'imagination.
Double imaginaire : celui des créateurs ingénieux et inventifs, celui des visiteurs, qui au détour d'un chemin ou d'un bouquet d'arbres, dévoilent un nouvel espace à vivre et à rêver.
Quelques photos présentées ci-contre en diaporama tentent d'illustrer ce monde naturel et artificiel, réel et virtuel, éphémère certes mais tant mémorable cependant.
Zarafouchtra

Références :
http://duos-des-arbres.over-blog.com
labo_art_implique@yahoo.fr