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mardi 23 mars 2010

Mes "dazibaos" au bout du monde.

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L'actualité me pousserait spontanément à bien des commentaires... Sur la politique, les faits sociaux, les médias, le cinéma ou tout évènement culturel... Je me décris depuis longtemps comme "papivore", avide de journaux, de magazines ou de livres. Mais je ne suis pas journaliste et je ne veux pas l'être, même s'il ne m'aurait pas déplu d'en faire le métier. Alors je résiste et me contente d'ersatz...

La rédaction du blog est du journalisme "canada dry", avec le goût, la couleur, la saveur, des moyens de l'information journalistique, mais pas la finalité.
Ici, c'est le professionnalisme, avec l'obligation d'informer, de rendre compte de la réalité ; avec l'obligation d'exhaustivité, d'investigation et le souci de la déontologie.

Là, il suffit de glaner quelques bribes ou impressions, de cheminer sur un sentier singulier et de tenter un regard personnel ; regard inspiré de la vie quotidienne et des expériences ou de l'imaginaire selon les cas, sans oublier un soupçon de caractère intimiste. Même pas une page raccrochée à un média national comme, par exemple, Le Monde le propose. Juste de petits "dazibaos" (1) épinglés sur la toile pour quelques amis habitués à le visiter, au gré de leur humeur et de leurs pérégrinations.

Tout autant que pour moi, c'est pour eux que je les écris ; il m'arrive même de penser précisément à telle personne, à sa réaction, à un sourire attendri ou amusé, en glissant un mot ou en traitant un sujet particulier. Et je n'attends ni mél ni commentaire en retour. Mais si un brin de réaction arrive par un canal ou un autre, c'est toujours un petit moment de satisfaction. Bref, par plaisanterie, je pourrais dire qu'il s'agit d'une affaire de placards, si l'expression n'avait prise dans l'histoire une toute autre signification...

Je croyais ces visiteurs proches et puis un jour je suis allé me rendre compte de leur origine. Un petit logiciel "mouchard" [à cet égard, bien inquiétant !] observe, comptabilise et localise la diversité des lecteurs. Il est même possible d'en établir une géographie, une quasi géo-technologie, voire une typologie complète en tenant compte des origines, de la durée de visite, de la modalité de connexion des consultants, etc.

A défaut d'analyse sociologique et sans entrer dans les détails inquisiteurs, voyons la carte de ces lecteurs.

Première surprise, sur les 1666 visites depuis environ 20 mois d'existence, le blog a connu 1036 "connecteurs" différents. Sans les imaginer tous adhérents au "fan club", c'est tout de même un nombre inattendu et cela représente plus de 450 internautes distincts qui ont tenté de s'approcher du GiroPhare ou plus prosaïquement sont tombés par hasard -ou par erreur- sur mes ratiocinations...

Géographiquement, c'est plus surprenant encore. Outre les connexions de proximité -parfois très évidentes, lorsqu'il s'agit de très proches parents ou amis dont je connais le lieu de raccordement- c'est de très loin que viennent les visiteurs !

Proximité d'abord : la région Rhône-Alpes est en première ligne. Quoi de plus normal ? Autour des centres de Saint-Etienne, Lyon et Grenoble, environ 620 visites. Ensuite la région parisienne : plus de 100. Puis un maillage, parfois serré, parfois lâche, de la plupart des coins de France , en dépit de quelques "déserts" dans le Languedoc, le Sud-Ouest ou la Lorraine.

Deuxième surprise, c'est de quatre continents que l'on observe ce blog.

- L'Union Européenne est évidemment concernée : des belges, des allemands, italiens, espagnols et bien d'autres, mais aucun anglais !
- Une dizaine de visiteurs viennent des pays du grand-est européen s'étalant de la Tchéquie à Vladivostok !
- Du continent nord-américain, 25 visiteurs, essentiellement des canadiens du Québec et quelques états-uniens, largement partagés entre côte Est et côte Ouest.

En poursuivant le monde,
- 25 encore, sont originaires de l'Amérique du Sud,
- une dizaine de l'Afrique, principalement du Nord et de l'Est,
- 5 du Proche-Orient
- quelques unités d'Asie, dont deux internautes japonais, mais aucun de la Chine et de l'Inde !


Seule l'Océanie manque à l'appel ! Mais je ne doute guère qu'un jour, un surfeur intrépide ne vienne échouer au pied du Phare...
Echouer ? c'est bien le mot qui convient, car que pourrait tirer de mes modestes récits ou pensées un quidam du Pacifique ?

Et même qu'en retiennent les autres ? Jamais je ne le saurai, mais c'est sans regret du temps qu'ils prennent à me lire, car pour être franc, la durée moyenne de ces 1600 et quelques connexions n'est que de 2 minutes et 29 secondes. Pas de quoi s'alarmer du temps perdu...

Gagné ? Perdu ? Perdu probablement, ma vanité dût-elle en souffrir !

Zarafouchtra

(1) Les dazibaos sont des sortes de petits journaux ou affiches que les chinois placardent pour énoncer (ou dénoncer selon les époques) leurs opinions ou leurs pensées critiques. Pratique héritée de l'empire qui joua un rôle important lors de la révolution culturelle.

dimanche 7 mars 2010

Pâle reflet de la démocratie ?

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Il y a une semaine, j'ai pesté devant mon poste de télévision lors de la Cérémonie des César, censée célébrer les films, réalisateurs, acteurs et techniciens en vue au cours de 2009. J'apprécie trop cet art pour que ce ne soient pas les meilleurs qui le représentent et qui le portent aux nues. Mais là que de redondances, d'effet boule de neige ! Les coteries, les copinages voire les stratégies souterraines confinent à l'absence de discernement. Je ne peux pas imaginer que ces élections soient libres. Ou bien, si cette liberté existe, il faut en changer les règles puisqu'elle produit chaque année les mêmes effets pervers : distinguer un seul et même film par une multitude de César, tandis que les autres sont négligés, effacés des mémoires, quelle que soit leur qualité.

On ne s'y prendrait pas plus mal si l'on avait quelques idées malintentionnées ! L'an dernier j'avais fait les mêmes remarques à propos de Séraphine ! Au demeurant superbe film que j'avais vu deux fois avec un immense plaisir, appréciant notamment la performance de Yolande Moreau. Méritait-il sept César, dont le prix de musique, décors et costumes ? Il me semblait que non, mais ...

Qui dit mieux cette année ? Le prophète de Jacques Audiard. Excellent film, c'est certain, où la fiction et la réalité s'entrechoquent, la violence et l'estime, la haine et la solidarité. Film de fiction et film social documentaire à la fois. Film-S.O.S., film-cri-de-détresse pour que la réclusion, -sinon nécessaire du moins inévitable- n'engendre pas une criminalité pire. Résultat ? Neuf statuettes, comme s'il fallait que les votes confirment le rôle de favori que la presse ou le milieu du cinéma avaient auparavant décerné. Le "milieu" en effet ... !

Quel sens ce palmarès peut-il bien avoir, ignorant les nombreux films que l'année 2009 avait vu s'épanouir auprès de publics divers mais réels. Oublié Welcome, enfoncé Les herbes folles et avec eux leurs brillants réalisateurs ou acteurs ... sans parler de bien d'autres artistes qui n'avaient même pas été dignes d'être "nominés", selon l'horrible expression.

L'on sait que la démocratie dépend de la justesse de la loi électorale dont il existe différents modèles. Dans le monde des César, on a le sentiment qu'on conserve la règle précisément parce qu'elle produit des distorsions qui servent la finance, la libre loi du marché. C'est injuste ? Peu importe, semblent dire les candidats, car le jour où la victoire est pour moi ... c'est bingo !

Qui m'expliquera les modalités de vote, les critères de jugement, les raisons de cet inévitable empilement de récompenses ? Y a-t-il un brin de cohérence ?

En dépit de mes agacements, je n'ai pu m'empêcher de regarder peu après la retransmission des Victoires de la musique. Même rituel insupportable, mêmes reproches sur les choix, sur les victoires, alors que l'éventail présenté était parfois intéressant.

Et puis, suprême effet de la démocratie directe, ce clip-ritournelle conçue comme une bande-annonce des candidats soumis au vote du public ! Avec en prime le récurrent "... tapez un... tapez deux ..." pour aboutir à un choix confondant : la rengaine la plus nulle entendue 36 fois au cours de la soirée a été reconnue comme "la chanson originale de l'année" !

Mort de rire !

Il faut dire que la petite chanteuse canadienne a un minois bien plus ravageur que son talent d'artiste ; des milliers de téléspectateurs invités à voter n'ont pas dû y rester insensibles. Peut-être ont-ils confondu avec l'élection des miss... l'erreur est humaine, un vrai coup de pirate au coeur !

Démocratie ? Démagogie ?

"Ça m'énerve !"
chantait au début Helmut Fritz, l'artiste qui a présenté et de loin la chanson la plus originale parmi les nommées. Moi, à la fin, ça m'énervait encore plus.

Juré, craché ! On ne m'y reprendra plus.

Zarafouchtra

mardi 5 janvier 2010

Le froid redouble de rigueur ... ?

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Janvier est là, avec ses froidures. On entend autour de soi parler de rigueur de l'hiver...

Je préfère réserver ce mot à ce qui décrit la cohérence des choses. La rigueur, disais-je, non la rigidité, c'est un principe fondateur de l'entreprise humaine, garant de la justesse et de la vérité.
C'est précisément pourquoi je m'agace, quand l'incohérence vient habiter des domaines où le sérieux, la gravité devraient s'imposer sans relâchement.

L'information, par exemple, quoi de plus exigeant ? Elle ne tolère ni l'approximation, ni le contradictoire. Et en cette matière le Service Public devrait s'avérer irréprochable. Pourtant .... deux exemples récents !

Le 4 janvier, sur France 3, lors des informations de 18h30 ou 19h. Le journaliste interroge sur les prévisions de l'année 2010. Cliquant sur son écran tactile comme un ado sur son jeu vidéo, il fait apparaître l'experte interviewée : Comment voyez-vous l'évolution de l'économie ? Et la politique, quel avenir proche ?

Avec le plus grand sérieux, la réponse est donnée. En substance : "la crise économique sera encore bien rude à supporter, mais elle laissera progressivement place à la reprise ; il faudra cependant attendre 2011, pour que ce soit plus net". Et les élections de 2012 ? Notre spécialiste se fait catégorique : "non le PS ne présentera pas DSK. Martine Aubry sera opposée à Nicolas Sarkozy qui l'emportera haut la main. Et Ségolène ? elle conservera un rôle...". Là le journaliste, largement repu des "preuves" accumulées, interrompt la pythonisse, aussi inspirée que le fut jadis la prêtresse de Delphes. Pythonisse ? J'exagère, pensez-vous. Mais non j'ai bien vu, j'ai bien lu sur l'écran : Madame-l'experte-des infos-du-soir était en toute rigueur ... astrologue. Et sans la moindre distance, ni ironie du journaliste, il enchaîna "sans transition" comme dit PPD la marionnette des Guignols, sur la relation d'autres événements. Dûment vérifiés ?

Le lendemain sur France-Inter, j'ai regretté que ce ne fut pas une séquence humoristique du "Fou du Roi". Le chroniqueur habituel de la Bourse de Paris, peu avant 13 heures, s'étouffe de satisfaction : "le CAC 40 frise à nouveau les 4000 points" ! Le yoyo libéral qui mesure les humeurs de l'économie, jouet cassé il y a moins de 18 mois, renaît comme le phénix miraculeusement. Qu'il monte ? Et notre admirateur s'esbaudit devant tant de merveilles : c'est la joie, l'espoir, le bonheur accessible du bout du doigt des riches. Qu'il descende ? Le voilà qui pleure : c'est la catastrophe, l'alerte rouge, la misère assurée pour les pauvres spéculateurs.

Jour de fête ! Cadeau des rois mages en ce temps d'Epiphanie ! Notre journaleux oublie la rigueur de son métier. Et de donner, comme à son habitude, des justifications à la hausse, avec autant de certitudes que les Diafoirus du théâtre de Molière ! La bulle gonfle, s'élève, se nourrit même des plans sociaux pour optimiser les profits : pourquoi ne pas exulter ?

Vous avez dit rigueur ?

Où sont les Poali, les Freeman, ou les Demorand qui s'évertuent tous les jours à décrypter la géopolitique, à dénoncer les délocalisations absurdes, le productivisme, les atteintes à l' environnement ? Où sont-ils ceux qui nous invitent à réfléchir, à dévoiler la réalité des faits sous les postures et les plans-com. ; à penser le monde autrement, à souhaiter qu'après la bulle financière rien ne devra(it) plus se reconstruire comme avant, à bâtir une éthique pour l'humanité ?

Manifestement dans le service public, il y a pour le moins failles, sinon faillite. Car à cultiver aussi nettement la contradiction, à dispenser cette chronique boursière quotidienne sans la mettre en cohérence avec les réflexions sur le devenir de la société et de la planète, n'est-ce pas se payer de mots et de concepts inutiles ? Et prendre les auditeurs pour des sots ?

Malheur à nous pauvres auditeurs, baladés d'un zig à un zag, sans autre moyen que de fulminer de tant d'approximations. On en viendrait parfois à tenter d'émigrer vers d'autres sites médiatiques plus..., moins..., bref mieux !

Hélas, pendant les récentes grèves sur France-Inter, j'ai fait l'essai des concurrents. Horreur ! J'ai bien vite réintégré ... Bah ! je baisserai le son, juste avant 13 heures, au moins jusqu' "à la Chandeleur, là où l'hiver s'en va ou prend vigueur".

Vigueur ? Eh oui, pour être rigoureux !

Zarafouchtra


N.B. Le dessin satirique sur le Bourse est tiré de : www2.snut.fr

mercredi 4 février 2009

1632 ... et toujours la même tentation.

1632 ?
C'est le nombre de pages que comportent les carnets secrets de la Ve République de Michèle Cotta. Journaliste d'abord puis présidente de la Haute Autorité de l'audiovisuel, elle a fait preuve d'une belle constance pour rédiger presque chaque jour ses notes et appréciations critiques. Depuis 1965, elle n'a eu de cesse de poursuivre de son assiduité le personnel politique, pour en obtenir le meilleur de ses secrets. Au gré des pages, ce sont notamment les portraits de Mitterrand, Pompidou, Giscard, Chirac, au milieu de dizaines d'autres qui ont marqué de leur empreinte la Ve République. Aucun ne manque, certains viennent et reviennent selon l'actualité. Un manège permanent, où la distance nécessaire à la déontologie se dispute à la sympathie, la complicité ; l'amitié même, bien que contenue, car l'auteur livre leurs secrets et très peu les siens.


Vrais ou faux secrets ? Si les enjeux d'alors leurs donnaient quelque profondeur, la réalité d'aujourd'hui les a largement éventés. Secrets de polichinelle que les trahisons de Chirac ! les ficelles tirées en coulisse des Garaud, Juillet et Cie ! les combats ou les coups bas tirés à vue dans tous les congrès socialistes !

Parmi mille choses que contiennent ces deux tomes, un énorme fil rouge, une volonté lancinante, récurrente des présidents successifs : avoir la main sur l'information. En dépit des intentions avouées ou de la morale affichée, ils sont dans l'illusion permanente que là est la clé de leur avenir. Ah ! si les journalistes, si la radio et la télé surtout rendaient mieux compte de leurs intentions, de leurs projets, la France s'en porterait mieux et les français leur rendraient spontanément grâce en les réélisant ... Et chacun de s'enferrer avec le même aveuglement.

De Gaulle, Pompidou, Giscard, tous ont recherché la servilité de la profession. Les premiers avec un ministère de l'information directement sous le contrôle du Premier Ministre ; Giscard, dans sa vision plus libérale, casse le monopole de l'O.R.T.F. au nom de son credo libéral, mais bénéficie encore du poids des institutions et des habitudes.

Pour Mitterrand, c'est plus complexe. Ses orientations prônant les radios libres et la liberté des médias, vont faciliter le pluralisme de la presse, des ondes et des images. Il n'oubliera pas néanmoins dès le début de son septennat de "soutenir le départ" de journalistes et animateurs des années 70 ! Puis il créera la Haute Autorité -confiée néanmoins à l'une de ses proches- comme marque de l'indépendance revendiquée.
Combien de fois Michèle Cotta évoque les conversations où Mitterrand, sans donner de strictes consignes, tente de circonscrire toute attitude qui pourrait lui devenir hostile ! Il joue ainsi au chat et à la souris, la laissant s'échapper sans la perdre du regard. Jusqu'au jour où, après des élections perdues, Chirac transformera cette institution pour la reprendre en mains.

Devenue Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (C.S.A.) cette institution fêtait ce 3 février ses 20 ans d'existence. J'allais lever mon verre pour saluer, si ce n'est l'indépendance, du moins une certaine autonomie... Patatras ! l'histoire, comme le prétendait Nietzsche, est bien un éternel recommencement. Le Parlement "dans sa grande sagesse" est en train d'adopter la loi sur l'audio-visuel qui redonne la main au Président-Tout-Puissant, sur toutes les nominations des chaînes TV et radios publiques. Et probable hasard des choses, ses meilleurs amis sont -"à l'insu de son plein gré"- les puissants patrons de groupes de presse et de communication.

Mais les journalistes sont-ils aisément disponibles ? La plupart savent que la liberté ne s'use que si l'on ne sert pas. Comme, dès ce jeudi 5 février, le Président s'invite dans les petites lucarnes pour "faire la pédagogie de la crise" face à des interrogateurs qu'il a choisis, y aura-t-il séance d'illusionnisme ou sursaut de liberté ?

Que de secrets, tentations ou tentatives, illustrations ou illusions, les Michèle Cotta de demain auront encore à raconter ; en 1632 pages ou plus ... si affinité !
Zarafouchtra

lundi 19 janvier 2009

Le jour où la pub s'est arrêtée...

Ça y est, la pub c’est fini sur la TV publique depuis quelques jours ! A 20h35 commencent les vraies émissions pour la plus grande satisfaction de tous, pour le divertissement intelligent, pour le « mieux-disant culturel » annoncé jadis avec fracas. Bref une TV de classe, après tant d’années de modèle berlusconien !
Il restait cependant à le vérifier. Samedi soir, par exemple, une soirée tranquille sans autre projet en tête. Eh bien oui, il n’y a plus de publicité après le J.T. Juste la météo, quelques annonces de programmes et plouf ! on plonge directement dans les émissions. Quel bonheur, moi qui suis plutôt publiphobe.

Quoi donc au programme du jour ? Patrick Sébastien et son Grand Cabaret. Exceptée l’impression de déjà vu, puisque l’émission s’affiche mensuellement depuis plus de 10 ans, j’apprécie plutôt les numéros où les acrobates et magiciens, venus de tous les coins du monde, sont réellement dignes d’être applaudis ! Entrecoupées de quelques mots plus sobres, enchaînées sans les digressions habituelles et les plaisanteries ( !) de l’animateur, débarrassées des rengaines douteuses du tutti final, les séquences-spectacles pourraient donner de l’élégance à l’émission.
Mais pourquoi diable, le concept d’émission –comme l’on dit désormais dans les médias– n’a-t-il pas évolué ? Hier j’ai tout compris : la publicité n’est plus là avant et après l’émission, elle l’envahit, elle la submerge, l'engloutit. Au lieu de nous libérer de celle-ci de temps en temps, on nous la déverse à gros bouillon en permanence. La belle arnaque, le revers de la bonne conscience de Sarkozy !
Mauvaise foi de ma part ? Probablement, diront certains ; mais voyons le détail. Douze invités, douze promos, douze "contrats" de publicité" !
Victoria Abril ? elle venait présenter un C.D., Michel Jonasz ? je ne sais plus quel DVD ; idem pour Natasha Saint-Pierre. Clara Morgane, une belle fille inconnue glosait sur son album nouveau-né ; les comédiens Henri Guibet et Christophe Guibet évoquaient leur tournée avec un spectacle en duo familial. Marie-Claude Pietragalla, la brillante danseuse présentait… quoi donc ? Patrick Bosso, un DVD de tournée ou quelque chose semblable. La chanteuse Elsa venait de sortir un album CD sous son vrai nom Lunghini –nouveauté oblige !- Enfin, Jean-Luc Lemoine ? le Dvd de son one-man-show peut-être. J’aurais dû prendre des notes... Quoi d’autres ? Rien ne leur fut demandé, sauf de présenter le numéro de cabaret suivant, maintes fois entrecoupé des commentaires intempestifs de Sébastien - mystère de l’ego !

Je me suis alors dit : « malchance, tu es tombé par sur une rediffusion, une-du-temps-avant-la-fin–de-la-pub ! "
Sitôt pensé, sitôt vérifié. J’ai laissé venir l’émission suivante. Laurent Ruquier nous annonça qu’il ne fera pas ce soir la pub de Martine Aubry, ni de Carla Bruni-Sarkozy, ni celle de … Parfait ? Pas si vite. On passa à ses invités. La fantaisiste Florence Foresti était là pour parler de sa tournée, l’écrivain Philippe Besson trouvait excellent son dernier roman, Michel Fugain se laissait faire la promo de son autobiographie ! Je ne vous dis pas mon humeur. Enfin, peut-être Alain Duhamel nous offrirait-il une analyse d’actualité dont il a le secret ? Vous n’y pensez pas : arrive sans tarder la pub pour son essai « La marche consulaire » une comparaison entre Bonaparte et Nicolas Sarkozy. Qu’allait nous vendre Anne Hidalgo, le bras droit de Delanoë à la mairie de Paris ?
Malheur, je ne saurai jamais. J’ai éteint exténué, écrasé de fatigue sous tant de pub déguisée. Allez, je rallumerai quand les députés remettront la pub sur le service public. Putain de service !
Zarafouchtra

jeudi 24 juillet 2008

J'avais cru au miracle ...

La présence radieuse d'Ingrid B., enfin libre sur le sol français, avait produit un rare moment de vérité. Le Président lui-même irradié avait donné une image à la hauteur de sa fonction. Digne enfin comme il ne l'avait que rarement été depuis son élection. Oubliés les méprisants "casse-toi pauvre con" ou les "descends un peu l'dire", au bénéfice peut-être d'un nouvel état de grâce qui ne serait pas dilapidé par quelques séquences "bling bling".
Hélas, il fallut moins de 24 heures pour déchanter ! Auréolé de cette victoire de la liberté sur la barbarie des FARC - puisqu'Ingrid Bétancourt elle-même lui en accordait la part de responsabilité-, le lendemain, il s'en alla parader au conseil national de l'UMP, comme lors du G8, décrit avec tant de justesse par P.P.D.A., "excité comme un petit garçon qui est en train de rentrer dans la cour des grands". Et de décrire combien la France change sous l'impulsion de sa politique. "La France change beaucoup plus vite, beaucoup plus profondément qu'on ne le croit", dit-il, justifiant l'idée par l'exemple -non sans cynisme ni prétention- : "désormais quand il y a une grève, personne ne s'en aperçoit".
Patatras ! fini l'état de grâce. Retour au candidat président, au président partisan. En bonne métaphysique aristotélicienne, on pourrait dire que l'apesanteur n'est décidément pas l'essence de notre président ; elle lui est au mieux un accident. Les français estimaient cette qualité nécessaire à la fonction, chez le titulaire actuel elle est simplement contingente.
J'avais cru au miracle, ce n'était qu'un mirage.
Zarafouchtra

Référence : Le Discours de N. Sarkozy -cliquez pour consulter sur le
Site Internet : Les mots ont un sens

lundi 30 juin 2008

Oh la la que de convictions !

Il n'est pas de jour où l'on n'entende un journaliste ou un animateur de radio-TV louer les gens de convictions. Pas une biographie, pas une nécrologie qui fasse l'économie de l'expression : "voilà un homme de convictions". Et d'ailleurs bien plus rarement "une femme de convictions" !
Convictions ? Que de bêtises dites en ton nom ... Certes c'est plutôt bien d'avoir des convictions. Pourquoi un maire, un député, un président, s'il n'avait de convictions, serait-il élu ?
Le reproche n'est pas là. Il réside dans la tendance de plus en plus habituelle à ne pas oser dire, nommer et juger les choses. Et alors, à mettre tout dans le même sac : Sarko, Royal, Besancenot, Le Pen, Thibault ou Chérèque, Bayrou et quelques autres ! Que je sache : s'ils ont tous des convictions, ils n'affichent pas les mêmes. Mais c'est tellement simple de célébrer leurs convictions, que cela évite de réfléchir aux valeurs qui les distinguent. Voilà une forme exemplaire du "politiquement correct" servi, chaque semaine, chez Drucker, Cauet, ou autres bateleurs. Mais alors, des convictions pour quoi ? A ne pas mentionner la finalité, à ne pas juger sur le fond, on s'interdit de penser.
C'est comme dans les émissions, les spectacles ou les matchs de foot : "Oh la la que d'émotions !" On s'interdit d'analyser et différencier les sentiments. Et voilà ce mot-valise qui vient tout remplacer ; comme si tout était semblable : la tristesse, la joie, la colère, l'enthousiasme, l'ironie, la mélancolie, et tant d'autres ressentis.
"Ne sentez-vous pas toute cette émotion, mon cher Jean-Mimi ?
Tout à fait Thierry. C'est bien le fond de mes convictions" !
Zarafouchtra

L'audio-visuel en émoi

Tout le microcosme résonne des remous de la réforme de l’audio-visuel, où chacun voit midi à sa porte. J.F. Copé, ravi des décisions du Président, en dépit des entorses faites au rapport de sa commission. A. Montebourg se fait plaisir à trouver des mots excessifs pour masquer des propos convenus sur la mort annoncée du service public.

Derrière la façade, l’analyse est un peu courte. Aussi courte que l’annonce –il y a déjà plus de 20 ans !- par Philippe Léotard du prétendu « mieux-disant culturel » que devait produire la privatisation des antennes publiques d’alors…

Or le débat pourrait nourrir aujourd’hui de nouvelles réflexions, car il se déroule à fronts renversés :

o Sarko et la Droite libérale soutiennent une réforme « au nom de la défense du service public » en supprimant la publicité, tout en taxant les fournisseurs d’audiovisuel privés.

o La Gauche revendique le maintien de la publicité qu’elle n’a cessé de vilipender au nom de l’indépendance et de la qualité du service public ; oubliant que l’audimat était depuis des années l’un des critères de pression, conduisant France 2 notamment à lorgner du côté des paillettes de Bouygues ou de Berluconi !

Ce renversement de position est certes tactique et opportuniste. Sarkozy poursuit sa pêche dans le camp de gauche, pour brouiller les cartes et affaiblir l’adversaire : après les évocations de Blum et Jaurès, l’instrumentalisation de Guy Moquet, après le succès des ralliements à sa cause des Jouyet, Besson, Kouchner, il ne lui déplaît pas de reprendre pied dans l’audiovisuel pour faire oublier sa chute d’image et reconquérir une audience indispensable aux échéances futures.

Pour la gauche, c’est plus délicat ; elle n’est pas en capacité de choisir les cartes. Elle est sur la défensive, avec deux arguments difficiles à manier : la publicité comme garantie de l’indépendance du service public ? c’est l’arme libérale par excellence ; le refus de l’augmentation de la redevance ? c’est l’arme inutilisable dans le contexte de baisse du « pouvoir d’achat » alors que c’est l’un des rares moyens fiables pour conforter et pérenniser une offre publique de qualité.

Au-delà de la tactique, c’est bien pour le pouvoir présidentiel un choix stratégique : organiser et revendiquer l’audiovisuel entreprise publique, à l’image des autres où l’Etat actionnaire principal définit, oriente, incite, autorise et nomme le responsable. En semblant respecter les règles du C.S.A. et la volonté du parlement, mais en fait en reprenant la main, comme au temps de l’ORTF et de la « TV Peyrefitte ».

Est-ce bien sûr que tout parti candidat à l’exercice du pourvoir ne se plairait pas à maîtriser une position analogue ? Les socialistes offusqués aujourd’hui ne seraient-ils pas prêts à se couler dans le moule, comme Mitterrand le fit de la constitution de 1958 après l’avoir tant vilipendée ?

En tout cas, ils sont rares ceux qui osent dire la vérité : ou l’on paie une redevance élevée et l’on peut obtenir la TV publique souhaitée, ou l’on y renonce et l’on a –peu ou prou- une télé de béton ou des berlusconneries à volonté.

Ils sont rares également ceux qui ont tenté de donner une réponse globale. Télérama a édité un excellent dossier sur la question ramassé en dix propositions. Quel homme ou femme politique, quelle contribution actuellement déposée pour le Congrès P.S. de l’automne, osera le reprendre à son compte ? Puis le mettre en œuvre ? A suivre …

Zarafouchtra