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mercredi 19 novembre 2008

Traversée du désert ?

Trois mois, jour pour jour, que s'est arrêté ce fil conducteur, ce paradoxal carnet intime transformé en "lecture pour tous".
Plusieurs de mes amis, lecteurs habituels, se sont étonnés de cette interruption inopinée, s'inquiétant pour ma santé ... intellectuelle, et me pressant de poursuivre mon cheminement, au gré de mes découvertes, voyages ou lectures. Tendance à la procrastination, ont pensé quelques autres qui ne manquaient ni de pertinence, ni d'humour.
La réalité est plus prosaïque : une panne de technologies une faille dans mon ordinateur et patatras ! tout est consommé, tout est consumé... Voilà bien la faiblesse de notre monde post-moderne, où sans batterie, sans connections diverses, sans progiciels multimédia, plus rien ne tourne rond. Le "vieux" P.C. encore en état de marge manquait hélas de capacités pour maintenir à jour ces messages réguliers avec images, liens ou diaporamas. Il est bien loin le temps où un crayon et un petit carnet de notes suffisaient pour transcrire ses réflexions jalousement gardées secrètes !
Plus simplement encore, il y eut depuis fin août de nombreux déplacements ou activités qui ont accaparé mon temps ou mon esprit, plus que je ne l'aurais souhaité ; en fait je me suis laissé accaparer "à l'insu de mon plein gré" comme disaient si justement les Guignols de l'info de notre cycliste n°1 d'alors.

Et puis, au-delà de la technique et de la disponibilité -ou au cœur de cela- s'est instillé le doute. Deux ou trois amis dont j'écoute avec attention les avis depuis des décennies ont su répandre le divin poison de la raison critique. "Un peu trop prof, dans le ton" ou "trop journalistique" pour l'un. "Un blog ? Quelle impudeur ! c'est de l'ego étalé ligne après ligne" dit l'autre. Quant au troisième il se gardait de tout conseil mais n'aurait pas regretté "une tonalité plus personnelle, plus singulière".
Trois remarques, trois conseils, trois axes dissonants sinon contradictoires. Soutien ou entrave ? J'ai résolu de poursuivre, sans perdre de vue désormais leur pertinence.

Alors n'est-il pas temps de reprendre pour repousser ces multiples raisons comme autant de prétextes ? Traversée de désert ? je ne sais. Catharsis, probablement ; les jours et semaines à venir le vérifieront peut-être.

Mais avant de résumer les épisodes précédents passés sous silence, juste un petit document-clin-d'oeil reçu hier par courriel. Une mise en bouche "avant la route". Ma fille venait de passr mon GiroPhare au crible d'un logiciel de mots pour en faire un pêle-mêle, une mosaïque de mots. Intéressant ? Original en tout cas. A observer en sociologue ? en linguiste pour dégager les champs lexicaux, les itérations, les impropriétés ou les tics d'écriture ? En psychanalyste pour y retrouver mes névroses ou mes obsessions ?



[double-clic sur l'image pour l'agrandir]


A chacun de donner sens, s'il en est ; "chacun sa vérité" disait Pirandello.

Zarafouchtra

vendredi 20 juin 2008

Le Cercle des amis passionnés

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Combien de fois, après une sympathique soirée entre amis, lorsque les plats ont circulé, les verres été vidés et les rires oubliés, j'ai eu le double sentiment de plaisir de la rencontre et d'insignifiance du temps passé ? Oh nul regret : j'ai en tête le souvenir de tant de soirées excellentes, chaleureuses, dansantes, chantantes, amusantes, déguisées ! Mais à cette satisfaction-là pourquoi ne pas adjoindre d'autres modes de rendez-vous et notamment celui de l'échange-débat ? Non pas à bâtons rompus comme c'est couramment pratiqué, mais sur le mode programmé, pensé, voire organisé et rythmé. Tant de choses sont vécues par les uns et les autres, intéressantes, passionnantes, que l'on pourrait prendre le temps de les partager.

Lorsque j'évoque ce que j'ai fréquenté, lu, vécu, -seul ou en couple-, depuis deux mois environ, je vois qu'il y aurait matière à conter, à faire partager. L'émerveillement lors d'expositions, des découvertes de sites et paysages (canal de Briennon, la Camargue, ...), des lectures, des films très divers avec -cerise sur le gâteau- la semaine passée au festival de Cannes, le "Duos des arbres" création artistique au coeur du Pilat, la sortie du livre d'Anne Poiré contant la vie d'un jeune schrizophrène pour mieux dénoncer l'insuffisance de l'environnement médical et psychiatrique, nos indignations permanentes face à l'hégémonie du "people" dans les media, tandis que les actualités chaque jour déversent les enjeux du monde sans que nous prenions le temps de leur donner de l'épaisseur !

Oui c'est cela qu'il faudrait tenter de temps en temps ; se réunir pour donner de l'épaisseur aux choses, grâce au point de vue de chacun, participant à un ... "cercle des amis passionnés" ! Clin d'oeil au "cercle des poêtes disparus" juste pour évoquer ce moment de cristallisation des esprits autour d'un objectif passionnant, et non pour revendiquer un "ô capitaine, mon capitaine" ! Ou bien alors, chacun serait, tour à tour, ce capitaine, expliquant comment dans son expérience, dans son récit, dans son interrogation, dans ses lectures, bref dans ses passions, il y a -il y aurait- pour les autres une pépite à découvrir, un chemin à retrouver.

Si la bouteille jetée à la mer -cf. article "Un blog ... pour quoi ?"-16.06.2008- était ramassée par quelques uns de nos amis, il serait passionnant parfois de changer de registre et de passer des apéros ou petits repas habituels au raffinement des recettes artistiques, humaines, scientifiques, philosophiques même, élaborées par les grandes toques que nous deviendrions tour à tour.

Pari perdu ? gagné ? A nous de le jouer gagnant pendant quelques mois, de le mitonner à notre sauce commune ; il sera bien temps alors d'y renoncer s'il devait s'avérer décevant. Moi, je le jouerais gagnant, bien plus sûrement que le cours de la bourse. Surtout par les temps qui courent !

Zarafouchtra

Un blog ... pour quoi ?

J'ai toujours aimé les chantiers, ceux des immeubles comme ceux des routes. Je me revois enfant grimper sur les tas de pierres, de sable ou de parpaings des chantiers ouverts Adulte, j'ai prolongé ce goût immodéré, admirant les ponts, les ouvrages d’art en tout genre, et peut-être plus encore les échangeurs, les carrefours, les nœuds de communication.

Dans les relations humaines, j’ai gardé le même goût pour les croisements des gens, autant que leurs itinéraires. Le « carrefour », déjà cellule de base de la réflexion coolective quand la « pédagogie de groupes » n’avait pas encore été élevée au rang de panacée, m’a sûrement formé à ce travail en équipes. Le sport également, le syndicalisme sûrement, qui érige la solidarité en vertu suprême.

Aujourd’hui encore, j’aime cultiver cet art de la rencontre où l’esprit de chacun apporte sa contribution à celle des autres. Internet qui en dépit de tous ces défauts, a au moins le mérite de tisser des réseaux, des maillages qui sont autant de carrefours virtuels. Virtuels ? Certes dans la forme et par la technologie, mais néanmoins bien réels, lorsqu’ils lient des personnes qui apprennent à se découvrir, s’apprécier, s’enrichir.

Ce blog là voudrait construire des carrefours, élever des ponts, installer des échangeurs de cultures ;

pour cela :

· Mettre en relation les copains, amis et connaissances diverses, informés et sollicités, à travers les articles émis, puis au hasard des messages qui s'entrecroisent, des portails qui s'ouvrent ou se ferment, des mots qui retiennent opportunément l'attention. Accepter de se prêter au partage de ses lectures, réflexions, cultures, admettre les commentaires, critiques, humeurs même ; sérieux évidemment, mais aussi distanciés, décalés pour n’être pas trop graves. Le réseau de la blogosphère sera le lieu privilégié de cette première étape.

· Réunir le cercle de ces relations, instituer ce carrefour pour partager réflexions, lectures, découvertes, intérêts, passions, indignations, rébellions, causes humanitaires ou simplement humaines, etc., avec l'espoir mince mais tenace que cela pourrait avoir quelque influence sur notre vie – privée ou citoyenne. Cette seconde étape sera à bâtir avec quelques règles élémentaires, mais dans un esprit amical, convivial, festif même. Une fois par trimestre par exemple, une rencontre commune permettrait de faire un « melting pot » de nos richesses partagées et d’en relancer la dynamique.

Inutile de se compter ; il faut se jeter à l’eau avec les proches intéressés ; il y a autour de nous suffisamment d’amis passionnés par les personnes et les idées, les créations, les arts et les critiques, pour autoriser la constitution d’un noyau pouvant faire boule de neige.

«Je jette une bouteille à la mer, messagerie maritime » chantait Claude Nougaro. J’ose la même initiative. Qui d’entre vous sera au carrefour, prêt à lire le message, prêt à entrecroiser les mots, les idées, les sentiments et les espoirs ?

Zarafouchtra

Pourquoi un blog ?

Pourquoi un blog ? Sérieux parfois, blagueur souvent, "blogueur" désormais ... ?

Voilà qui me prend à contrepied, alors que je m'indigne souvent des modes et de leurs illusions.
Créer, écrire un blog, n'est-ce pas participer directement aux effets de mode des technologies et s'inféoder à leur tyrannie ? Quel journaliste, artiste, homme ou femme politique, intellectuel ou non ... ne tient aujourd'hui l'un de ces nouveaux journaux virtuels quotidiens ? On peut penser qu'ils en ont besoin pour continuer à vivre dans le monde des apparences, où l'on existe si le monde parle de vous, si l'on vous voit paraître dans le flux incessant des images.
Mais pour qui n'appartient pas au microcosme médiatique, est-ce bien nécessaire ? N'est-ce pas sacrifier à la même peur de l'oubli ou de la disparition ? N'est-ce pas sacrifier à l'impudeur contemporaine, à l'encontre du journal intime de naguère qui par nature devait rester secret ? A moins que la crainte d'une retraite trop recluse -peu de temps après avoir cessé ma vie professionnelle- m'incite à m'ouvrir par la technologie à un monde nouveau, sans limite, substitut de celui que quotidiennement je ne rencontre plus ?
La vie est principalement contacts, rencontres, confrontations et l'exercice de la profession les renforce. Ne doit-elle pas le demeurer encore, même quand le métier cesse ? Finalement le blog n'est-il pas -ou ne peut-il pas être désormais- une autre manière de vivre une vie sociale renouvelée ?
Admettons-en l'idée, au moins provisoirement ... et, ainsi rasséréné de bonne (ou mauvaise) foi, "bloguons" sans vergogne !

Zarafouchtra